jeudi 4 janvier 2018

Bonne année 2018

La toute petite équipe de "L'Huile de Palme : NON ! " vous souhaite une bonne année 2018. Malheureusement nos cœurs ne sont pas à la fête. Le temps avance et la nature recule. Nous continuerons à partager des publications sur le sujet de l'huile de palme et ses ravages mais aussi des ouvrages, articles pour donner des outils à lutter contre ce système destructeurs de la vie. Nous continuerons aussi les actions que nous menons déjà sur le terrain. N'hésitez pas à nous envoyer vos disponibilités pour tenir les stands et cela à l'adresse suivante, lhuiledepalmenon@gmail.com.
Courage à eux et à nous pour se battre.

mercredi 13 décembre 2017

Jean-Jacques Bourdin et le savon de Marseille à l'huile de palme

Suite à une chronique consacrée au savon de Marseille ce jeudi matin dans l'émission Bourdin Direct de Jean-Jacques Bourdin, il a eu d'énormes inexactitudes sur la présence d'huile de palme dans les savons de Marseille.

Voici la lettre envoyée à Monsieur Jean-Jacques Bourdin de la part de Laurence Duthu, présidente fondatrice de l'association L'Huile de Palme : NON !

Monsieur Bourdin,
Ce matin lors de votre émission sur RMC, une chronique était consacrée au savon de Marseille. Bien que courte, cette chronique fut jonchée d'inexactitudes et plus particulièrement au sujet de l'huile de palme.
En tant que fondatrice et présidente de l'association L'Huile de Palme : NON !, le savon de Marseille est un produit où l'huile de palme industrielle est omniprésente.
Tout d'abord, il est bon de rappeler que la fabrication du savon de Marseille a été règlementée le 5 octobre 1688 par un édit de Louis XIV, signé par Jean-Baptiste Colbert de Seignelay.
Selon l'article III de l'édit : "On ne pourra se servir dans la fabrique de savon, avec la barrille, soude ou cendre, d'aucune graisse, beurre ni autres matières ; mais seulement des huiles d'olives pures, et sans mélange de graisse, sous peine de confiscation des marchandises."
Comment expliquer alors que l'on trouve de l'huile de palme/palmiste dans les savons des puristes comme la société Marius Fabre ? Société défendant haut et fort l'IPG (Indication Géographique Protégée) du savon de Marseille.
En 1688, l'huile de palme ou palmiste n'était pas disponible sur le marché français. Elle a commencé à être importée, de même que l'huile de coprah, des colonies africaines vers le milieux du 19ème siècle. Depuis, l'huile de palme africaine a été supplantée par celle provenant d'Indonésie et Malaisie où sévit la déforestation par des monocultures à perte de vue, provocant des désastres environnementaux et sociaux comme l'extinction d'espèces animales, rejets en masse de CO2, perte de la biodiversité, accaparement des terres des populations autochtones, esclavagisme moderne, travail des enfants.
Au court de la chronique, vous avez montré un savon de Marseille (blanc) de la société Marius Fabre, malheureusement celui là ne contient pas une goutte d'huile d'olive... mais de l'huile de palme ! Voici la liste des ingrédients (INCI) que l'on trouve sur le site du fabricant lui même : Sodium palmate (huile de palme), Aqua, Sodium cocoate (or palmkernelate) (huile de coprah ou de palmiste), Glycerin (provenant de l'huile de palm), Sodium chloride, Sodium hydroxide.
Je me demande bien comment avez-vous pu sentir l'odeur de l'huile d'olive dans un savon n'en contenant pas une seule goutte !
Pour ne pas être accusée de mauvaise langue, il est vrai que la société Marius Fabre fabrique un savon de Marseille de couleur verte à l'huile d'olive et à l'huile de coprah (là aussi bien plus pour des questions de coût et que pour ses propriétés moussantes avancées). Par contre, il n'est pas indiqué la proportion exacte d'huile d'olive, la garantie "72% d'huile" ne voulant rien dire puisque le savon blanc cité plus haut a la même garantie de 72% d'huile. Ce qui ramène aux paroles fausses de votre chroniqueuse "le savon (de Marius Fabre) est constitué de 72% d'huile d'olive." Il est bon de noter que la quasi majorité des produits proposés par la société Marius Fabre contient de l'huile de palme et dérivés et donc de matières premières venant d'Asie dont vous n'avez pas l'air très enclin.
En prenant à la lettre l'édit de Colbert, beaucoup de sociétés utilisent de l'huile de palme/palmiste alors qu'elles pourraient utiliser de l'huile d'olive, bien plus représentative de Marseille ! Ah mais oui... l'huile d'olive c'est bien moins rentable que l'huile de palme !
Si vous voulez vraiment faire la promotion d'un savon de Marseille, fabriqué à Marseille, et garanti 100% huile d'olive bio, je vous conseille de vous tourner vers la société "Comme Avant" par exemple. La technique n'est pas la cuisson au chaudron mais la saponification à froid qui permet, entre autres, de garder toutes les propriétés de l'huile d'olive. Et non, l'association L'Huile de Palme : NON n'a aucun lien avec cette fabrique ni aucune autre, une de nos missions étant l'information.
Pour terminer, vous avez cité "Le Petit Marseillais" en précisant que vous ne saviez pas si c'était ou non du vrai savon de Marseille. Réponse toute simple : non. D'ailleurs, la société Le Petit Marseillais détient une perle que l'on peut lire sur leur site internet : https://www.lepetitmarseillais.com/…/la-petite-histoire-du-…
"Le vrai savon de Marseille, lui, doit contenir 72% d’huiles végétales, un peu d’eau, du sel, de la soude et basta ! Si sur l’étiquette vous lisez autre chose que :
sodium olivate (huile d’olive)
sodium palmate (huile de palme)
sodium cocoate (huile de coco)
aqua (eau)
sodium chloride (sel)
sodium hydroxyde (soude caustique), …
Alors passez votre chemin !"
Oui les savons à l'huile de palme passez votre chemin !
Cordialement,
Laurence Duthu
Présidente fondatrice association L'Huile de Palme : NON !

jeudi 12 octobre 2017

Conférences et stands : les dates

L'association L'Huile de Palme : NON !, par le biais de sa présidente et fondatrice Laurence Duthu, sera présente un peu partout en France pour l'animation de conférences sur le thème de l'huile de palme industrielle, des stands seront également tenus permettant de mieux connaître l'association et les catastrophes engendrées par la monoculture des palmiers à huile. D'autres conférences et salons sont en attente de confirmation. Tenir des conférences et participer à des salons demande énormément de moyens financiers (déplacements, stands, flyers, affiches, etc.) et pour cela nous avons besoin de vous !
Voici les dates à ne pas manquer pour l'année 2017 :

Samedi 14 et dimanche 15 octobre
Salon VeggieWorld - Paris
Stand les 2 jours - Conférence le dimanche

Jeudi 9 novembre
Salon Marjolaine - Paris
Conférence

Samedi 2 et dimanche 3 décembre
Salon VeggieWorld - Marseille
Stand les 2 jours - Conférence le dimanche

Vendredi 15 décembre
Bibliothèque de Nice
Conférence




dimanche 10 septembre 2017

Agriculteurs tués dans la bataille des droits fonciers au Pérou








Les victimes ont été la cible d'une bande criminelle voulant utiliser leurs terres pour la culture lucrative de l'huile de palme, selon les dirigeants indigènes locaux. Six agriculteurs ont été abattus par une bande criminelle qui voulait s'emparer de leurs fermes afin de se développer sur le lucratif commerce de l'huile de palme, selon les dirigeants indigènes amazoniens au Pérou .



Les dirigeants locaux de la région centrale de l'Amazonie d'Ucayali disent que les victimes ont été la cible vendredi dernier parce qu'elles avaient refusé d'abandonner leurs terres.Un rapport de police vu par le Gardien indique comment les corps des agriculteurs ont été trouvés tôt samedi dans un ruisseau près du hameau de Bajo Rayal où les hommes vivaient. "C'était une embuscade nocturne. Ils les ont liés par leurs mains et leurs pieds, puis ils les ont tués et les ont jetés dans une rivière ", a déclaré Robert Guimaraes, président de la fédération indigène locale Feconau, par téléphone au Guardian.
Le rapport de la police indique que la plupart des hommes avaient reçu des coups de fusil au cou et au moins un a été trouvé lié par les mains et les pieds. Un témoin a déclaré à la police que les victimes avaient été attaquées par 40 hommes armés aux visages couverts. "Nous avons reçu des menaces de mort du même groupe de traite des terres ", a déclaré Guimaraes. "Nous avons peur pour nos familles et nous demandons à l'État de nous protéger".
"Ces paysans ont payé le prix de l'inaction de l'État et des autorités locales dans la lutte contre le trafic terrestre", at-il ajouté, avertissant que la communauté voisine de Santa Clara de Uchunya avait également été menacée par des trafiquants de terres. Guimaraes a accusé l'autorité agricole locale de distribuer des titres fonciers faussés et a déclaré qu'elle portait également «la responsabilité directe» du crime. Une enquête locale allègue que les anciens fonctionnaires ont entamé la falsification des titres fonciers qui ont ensuite été vendus au plus offrant. "Tout indique que les membres du gouvernement régional sont impliqués dans la traite des terres", a déclaré Jose Luis Guzmán, un procureur environnemental dans une région amazonienne en proie à une exploitation forestière illégale.
Julia Urrunaga, directrice du Pérou pour l'Environmental Investigation Agency(EIA), a déclaré: "Le manque de clarté et de cohérence du titrage des terres dans l'Amazonie péruvienne a longtemps été une bombe pour les conflits sociaux violents". Après quatre années d'enquête sur l'accaparement des terres et les projets à grande échelle d'agri-business, l'EIE a découvert "le chaos, les abus, les violations des droits des communautés autochtones et locales ainsi que les violations des lois environnementales et forestières", a déclaré Urrunaga. "Tout cela en toute impunité dans un environnement dominé par la corruption qui finit par favoriser les investisseurs à grande échelle", a t-elle ajouté.
Les observateurs craignent que l'émergence de l'huile de palme alimentera une nouvelle poussée de l'accaparement des terres, de la violence et de la déforestation. Pourtant, le gouvernement péruvien encourage l'expansion, affirmant que sa culture ne menace pas les forêts. Lors d'un sommet des Nations Unies sur le changement climatique en septembre 2014, le Pérou a signé un accord de 300 millions de dollars (191 millions de livres) avec la Norvège pour arriver à une déforestation zéro d'ici 2021.
Plus de 120 défenseurs de l'environnement et des terres ont été tués dans le monde en 2017, avec beaucoup de décès liés à la déforestation et à l'industrie.

Traduction d'après l'article original :

lundi 12 décembre 2016

Qu'est-ce qu'on attend ?

La plupart des majestueux paysages du monde disparaissent. La Grande Barrière de Corail a été jugée irrécupérable et la forêt tropicale en Amazonie est également détruite à un rythme plus qu'alarmant. L'écosystème de Leuser en Indonésie, est un remarquable paysage qui bientôt lui aussi sera condamné aux pages de l'histoire en raison de notre demande d'huile de palme. Mais nous ne perdons pas seulement un beau paysage; la forêt tropicale de Leuser est la capitale mondiale de l'orang-outan, et quand les forêts sont détruites, les orang-outans perdent leur maison. C'est comme Alep se faisant bombarder, anéantir, raser causant la mort de milliers de victimes enfants... Plus rien n'existe après le passage de cette dite "civilisation moderne", utilisant toujours la haute-technologie à des fins de destructions massives pour toujours tirer profit et toutes sortes d'intérêts. 

En voici le tristement célèbre exemple de l'huile de palme qui est devenu une industrie d'un milliard de dollars et a comme lieu d'affaires le cœur de la forêt tropicale de Leuser. On estime que 300 terrains de football sont abattus chaque heure pour faire place aux plantations d'huile de palme. Cette déforestation détruit l'habitat et les habitats des orangs-outans. Après leur éviction forcée, les orangs-outans tombent sur les champs de palmiers à la recherche d'un sanctuaire, mais ce qu'ils trouvent est l'inverse. Les agriculteurs d'huile de palme piègent les orangs-outans afin qu'ils puissent être vendus illégalement comme animaux de compagnie - ou les grands-singes sont immédiatement tirés à vue.

Au cours des 10 dernières années, la population d'orangs-outans a diminué de 50%. Il y a un siècle, ces forêts abritaient 230 000 orangs-outans. Aujourd'hui, leur nombre a diminué pour atteindre un peu plus de 50 000 individus. Ces primates ne font pas leurs valises en se rendant dans d'autres forêts autour du globe - leur habitat est détruit et ils meurent par milliers. C'est tout.

Photo : Paul Hilton

Nous savons - cette photo est difficile. Mais ce n'est qu'une des victimes qui ont été la proie des pratiques vicieuses des plantations d'huile de palme. Chaque année, la forêt indonésienne brûle, victime d’un défrichage sauvage pour faire place nette aux cultures, notamment de palmier à huile. Les feux de l’an dernier ont été particulièrement dévastateurs, leurs fumées toxiques causant la mort de près de 100.000 personnes, selon une étude états-unienne. Nous pouvons aider en partageant cette image et cet article avec nos amis et notre famille pour les impliquer dans la lutte. Nous devrions également être vigilants quand nous sommes dans le supermarché. L'huile de palme est dans une quantité inquiétante de produits sur les étagères de la cuisine. Par ailleurs près de la moitié de l'huile de palme consommée en Europe se trouve... dans le diesel. Notre mode de déplacement est aussi à remettre en question et de manière plus large notre mode de vie et de philosophie. Sommes-nous obliger de vivre de l'exploitation mortelle de nos congénères humains et animales (et indirectement de notre propre survie)? 

A la question : "Que pouvons-nous faire concrètement pour arrêter cela?" Nous vous invitons à la poser à un enfant de 7 ans. Il vous répondra : " Et bien, il faut stopper les producteurs d'huile de palme, tout simplement ". Voilà, la solution réaliste et logique est de prendre le problème à la base, à la racine. C'est-à-dire stopper physiquement les producteurs d'huile de palme. Stopper physiquement ces multinationales s'enrichissant toujours un peu plus sur la santé des êtres vivants de la planète et de la nôtre qui va de paire. Alors, qu'est-ce qu'on attend ? 

jeudi 3 novembre 2016

Une des conséquences de l'huile de palme (2)




Avant hier, un mâle adulte orang-outan de Sumatra, a été gravement blessé après avoir été reçu une série de balles de carabine à air comprimée. Il a été secouru dans une plantation de Langkat, au Nord de Sumatra, par les autorités de la faune indonésienne (BKSDA), les autorités du Parc National de Gunung Leuser et grâce à l'appui du Centre d'Information de l'Orang-Outan (OIC).

Après les radiographies, l'équipe médicale a compté plus de 60 balles dans son corps et il est devenu aveugle d'un œil du à un impact. Son œil devra être retiré. Il a été emmené au Programme de Conservation spécial des Orang-Outans de Sumatra (SOCP), pour tenter de retrouver un semblant d'existence.
Pour en savoir plus, cliquer ici. 

mardi 25 octobre 2016

Une des conséquences de l'huile de palme

Un jeune mâle orang-Outan de Sumatra qui avait été enchaîné par le cou entre deux maisons à Aceh Barat Daya depuis plus d'un an a été saisie cette semaine par les autorités de la faune de l'Indonésie (BKSDA), la police locale et le Centre d'Information de l'Orang-Outan (OIC). 

Ce jeune grand primate a été conduit au Programme de Conservation spécial des Orang-Outans de Sumatra (SOCP), où il va intégrer un processus de réhabilitation. Il est le 16 ème orang-outan saisie depuis septembre.

Pour plus d'informations, visitez le site http://orangutancentre.org/ 



samedi 1 octobre 2016

Conférence à VeggieWorld

Le samedi 08 octobre à 13h, Laurence Duthu présidente de l'association L'Huile de Palme : NON ! animera une conférence au salon VeggieWorld à Paris au Centquatre. 


Le sujet sera "l'huile de palme industrielle et ses incidences sur la biodiversité / Les ravages environnementaux et sociaux de l'huile de palme industrielle."

Toutes les informations sur le site de VeggieWorld.


Au plaisir de vous retrouver samedi !



mercredi 7 septembre 2016

Savon Zébulles !


L'association L'Huile de Palme : NON ! mettra régulièrement en avant des artisans, des boutiques, etc. prônant le "sans huile de palme" dans leurs produits. Nous pensons qu'il est important de mettre en avant ceux qui adoptent une démarche respectant l'environnement, les animaux et les Hommes à des milliers de kilomètres de notre chez-soi.
Cela vous aidera également, nous l'espérons, à vous repérer et à faciliter vos achats.

Aujourd'hui c'est la société Savons Zébulles que nous mettons en lumière. Créée par Monsieur Sam Thieffry, artisan savonnier, elle produit des savons naturels artisanaux aux huiles végétales et essentielles bio. Leurs savons sont, entre autres, biodégradables, sans graisses animales et sans conservateurs.


Rendez-vous sur leur site pour découvrir toute leur gamme et avoir de plus amples renseignements. Bonne douche !

dimanche 28 août 2016

#HuileDePalmeNonMerci : le hashtag qui veut mettre KO Nutella

"Inscrite depuis le 9 août au Journal officiel, la loi sur la biodiversité laisse un goût amer aux internautes qui ne comprennent pas l’abandon de la taxation de l’huile de palme.

[...] Laurence Duthu, fondatrice de l’association L’huile de palme : Non ! utilise, elle aussi, les réseaux sociaux pour militer contre l’huile de palme."

Lire l'article



samedi 9 juillet 2016

Taxe "Nutella": l'analyse de Laurence Duthu

Une nouvelle fois l'amendement visant à taxer l'huile de palme industrielle a été rejeté par le Sénat. Cette prise de position laisse le champ libre aux producteurs de nous inonder toujours plus de leur huile mais surtout aux industriels d'utiliser sans retenue cet oléagineux avantageux pour engranger des bénéfices au combien désastreux pour l'environnement.

Pour mémoire, le premier amendement de taxation date de 2013 dans le cadre du projet de loi sur le financement de la Sécurité Sociale. Le second de 2015 à l'occasion du projet de loi sur la modernisation de la santé. Le troisième et dernier amendement date de janvier 2016 dans le cadre du projet de loi sur la biodiversité. A chaque reprise, le lobby "huile de palme" bien implanté en France a fait échouer cette "taxe nutella" comme elle a été singulièrement nommée. Reprenons les faits.

En juillet 2013, Jean-Marc Ayrault alors Premier Ministre est en visite officielle en Malaisie et déclare lors d'une conférence de presse commune avec son homologue malaisien, je cite "Il faut éviter les malentendus : la France n'est pas hostile à l'huile de palme" en rajoutant "Au Parlement, une initiative avait été prise de taxer les produits contenant les huiles de palme. Cette proposition parlementaire n'a pas été suivie ni soutenue par le gouvernement. Donc il n'est pas du tout envisagé une pénalisation fiscale de l'huile de palme." Monsieur Ayrault ne parle pas de la pression exercée alors par le gouvernement malaisien, part le biais des échanges économiques afin que cette taxe ne voit jamais le jour.

En 2015, ce sont plusieurs sénateurs à l'origine de ce rejet dont Madame Catherine Procaccia et c'est encore elle avec d'autres comparses qui ont fait échouer le dernier projet de loi de 2016. Il est important de connaître les faits et dires de cette dame aux amitiés ambiguës.

En mars 2014, Madame Procaccia s'était exprimée sur le fait que des entreprises françaises n'utilisent pas d'huile de palme dans la composition de leurs produits en déclarant «Je pense qu’il faut sanctionner les distributeurs et les industriels qui surfent sur la vague du ‘sans huile de palme’ et qui en font un message publicitaire.» A ce moment là, elle était la Présidente du Groupe d'amitié interparlementaire France-Indonésie et Timor-Est. Pour rappel, l’Indonésie est le premier producteur d'huile de palme mondial.
Pour parfaire le tout afin d'être bien aux mains des lobbies, Madame Procaccia a été l'invitée quelques mois plus tôt de l'Institut de Recherche Clinique sur le symposium de l'huile de palme qui s'apparente plus un groupe de pression qu'à un groupe de recherche et dont le fondateur est un ancien d'un think tank libéral.

Pour ce projet de loi sur la biodiversité, les chefs de fil de l'opposition sont Mesdames Catherine Procraccia, Catherine Deroche et Monsieur Jacques Gautier, tous membres du groupe Les Républicains et du Groupe d'amitié interparlementaire France-Indonésie et Timor-Est. 

Lors du débat au Sénat se déroulait le 11 février une rencontre non loin d'être anodine. Les trois protagonistes cités ci-dessus ont reçu M. Thomas T. Lembong, ministre indonésien du commerce, pour un entretien consacré à la question de l’huile de palme. Le ministre a indiqué qu’une solution de compromis pourrait consister à introduire une taxe d’un montant plus modique, dont les recettes alimenteraient un fonds pour le financement de la lutte contre la déforestation. De qui se moque-t-on ? Est-ce aux français de payer le fait que l'Indonésie soit en grande partie déforestée ? L'Indonésie touche des recettes de cette exploitation et pourrait depuis longtemps s'en servir pour réellement s'opposer à la déforestation. Rappelons que l'ancien Président détenait des concessions de palmiers à huile... 

Monsieur Gautier estime que "la production d’huile de palme a permis de faire sortir de la pauvreté de nombreux paysans, d’abord en Malaisie puis en Indonésie. Elle pourrait avoir le même effet positif, à l’avenir, dans plusieurs pays africains, à condition qu’elle soit respectueuse de l’environnement." Il est clairement visible, et cela depuis des décennies, que les millions d'hectares de palmiers à huile plantés en Asie du Sud-Est sont très loin du respect de l'environnement. Comment dans ce contexte peut-il voir un aspect positif social quand son environnement est détruit et proposer un tel conseil ?
Cécile Philippe de l’Institut Économique Molinari a souligné que la taxation de l’huile de palme ne pouvait être justifiée pour des raisons environnementales. Selon elle « L’huile de palme n’est pas ce monstre environnemental qu’on veut nous dépeindre" (La Tribune) et taxe même de "lobby environnemental" ceux qui osent défendre l'un des poumons de la Terre. Pour information, l'Institut Economique Molinari est un organisme de recherche et d'éducation qui se donne pour mission d'influencer les parlementaires, les journalistes et les faiseurs d'opinion dans le but de favoriser une politique économique libérale. À cette fin, l'institut organise des événements, publie des livres, écrit des articles et des éditoriaux.

Pour terminer, il est bon de souligner les mots de l'ancien Premier Ministre, en exercice à l'époque, Monsieur Ayrault: "dès l'année prochaine, il va y avoir une réglementation européenne qui rendra obligatoires les indications du nom des huiles utilisées". "L'huile de palme ne sera pas traitée à part, elle sera traitée comme toutes les autres huiles". À ce jour l'huile d'olive est taxée 40% de plus que l'huile de palme.

Lobby quand tu nous tiens...


Auteure : Laurence Duthu

vendredi 24 juin 2016

Peut-on résister ? Pourquoi résister ? Comment résister ?

Si vous vous intéressez aux trois questions suivantes, ce livre est pour vous : « Peut-on résister ? Pourquoi résister ? Comment résister ? ».

La civilisation industrielle est en train de détruire la Terre ; le nier, c’est subir la domination d’une idéologie dont l’ambition est d’annihiler le vivant ou de le réduire en esclavage. Ce recueil de discussions porte sur le changement de stratégie et de tactiques qui doit se produire si nous voulons construire une résistance efficace. Il y est question d’interposer nos corps et nos existences entre le système industriel et toute vie sur la planète. Il y est question de contre-attaque.

Dans ce premier volume vous trouverez des textes et discours de Vandana Shiva, Derrick Jensen, Stephanie McMillan, Lierre Keith et Aric McBay. Livre de poche, 148 pages. 10 euros.



samedi 4 juin 2016

Pourquoi le réchauffement climatique d'aujourd’hui a les racines dans le passé génocidaire de l’Indonésie

Les massacres de masse en 1965 vivent dans les émissions mondiales de CO2 provenant des incendies criminels de forêt - et par les violations des droits de l’homme dans le domaine de l’huile de palme. Il y a eu une grande préoccupation sur ce que le changement climatique aura comme conséquences sur les hommes et les droits de l’homme, mais peu d'attention sur la façon dont les violations des droits de l'homme affectent notre climat mondial.

Quelques 130.000 incendies de forêt en Indonésie assombrissaient le ciel sur une grande partie de l'Asie du Sud-Est l'été dernier et à l'automne, détruisant plus de 2 millions d'hectares de forêt tropicale vierge » Photo: Ulet Ifansasti / Getty
Il y a cinquante ans, l'Indonésie a connu un génocide. Les massacres peuvent être relativement inconnus, mais d'une manière terrible la destruction continue et nous menace tous. En 1965, l'armée indonésienne a organisé des escadrons de paramilitaires de la mort et ont exterminé entre 500.000 et 1 million de personnes qui avaient été identifiées comme des ennemis de la nouvelle dictature militaire du général Suharto. Aujourd'hui, les tueurs et leurs protégés sont de confortables figures bien établies dont l'impunité, le pouvoir politique et la capacité d'intimidation perdurent. Au cours de cette dernière année, la dictature qui a commencé avec le génocide est arrivée dans nos vies. Quelques 130.000 incendies de forêt en Indonésie assombrissaient le ciel sur une grande partie de l'Asie du Sud-Est l'été dernier et à l'automne, détruisant plus de 2 millions d’hectares de forêt tropicale vierge - une superficie plus grande que New Jersey ou le Pays de Galles. 

Les feux ont libérés plus de 1,75 milliards de tonnes de dioxyde de carbone dans l'atmosphère, l'équivalent des émissions annuelles totales du Japon. Alors que les feux de l'an dernier ont été les pires enregistrés, les incendies sur une échelle similaire ont brûlé chaque année pendant près de 20 ans, se moquant des efforts de la lutte contre le réchauffement climatique. Les incendies sont causés par des sociétés indonésiennes et internationales pour brûler la forêt tropicale et de le remplacer par des plantations de palmiers à huile. L'huile de palme est l'huile les plus couramment utilisés dans le monde, et le marché a explosé avec la classe moyenne mondiale. Allumer des incendies est le meilleur moyen pour défricher des terres pour de nouvelles plantations de palmiers à huile.


Bien que l'Indonésie a des lois strictes visant à maintenir les feux en échec, les lois existent sur ​​papier seulement. Les entreprises travaillent à distance pour faire brûler la forêt parce qu'ils utilisent un partenariat avec les militaires - une institution qui, depuis le génocide, a commis des violations des droits de l'homme avec une régularité alarmante. Ces atrocités récurrentes gardent l'armée crainte de tous - et au-dessus de la loi. Depuis 1965, les entreprises multinationales ont collaboré avec les forces armées afin de saisir les terres et exploiter une main-d'œuvre pas cher, trop apeurée, pour exiger des conditions de travail sûres ou un salaire équitable. (Les terres sont également saisies pour d'autres utilisations illégales lucratives, souvent, principalement des concessions forestières et des mines, qui sont aussi destructeurs de l’environnement.) 

Et ainsi, ces militaires et ses partenaires corporatifs s’en sortent toujours grâce avec une corruption effroyable et crimes écologiques innommables. Depuis 50 ans, la capacité de terroriser a déterminé la répartition des richesses et du pouvoir. Alors que les producteurs d'huile de palme et leurs partenaires militaires profitent des incendies, le peuple de l'Indonésie paie un prix incalculable. L'enfer de l'année dernière, a touché, d'une incessante, écœurante fumée près de 43 millions d’humains (quid des autres êtes vivants). Un demi-million de personnes ont reçu des soins pour des maladies respiratoires, alors qu'une moyenne de 110 000 asiatiques du Sud-est meurent chaque année à la suite de ces incendies. Et les lignes sans fin de palmier à huile se propagent brutalement avec ses conditions de travail abusives - y compris le travail des enfants et d’empoisonnement par des herbicides et des pesticides mortels.

Pendant ce temps, la déforestation met en danger critique plus d'un tiers des mammifères de l'Indonésie. Et, selon Pep Canadell, directeur du Global Carbon Project, les incendies étaient "le point de basculement global" qui pousse le monde au-delà de 2 C° de réchauffement et nous glissent en zone de danger. Ceci est à la fois la pire catastrophe écologique de la planète et une catastrophe des droits humains - et nous sommes tous impliqués. Nous profitons de cette règle de la peur et la destruction des forêts en consommant beaucoup des produits d'exportations de l'Indonésie. L'huile de palme est utilisée dans de nombreux produits de beauté, des collations et des desserts de sociétés comme Starbucks, PepsiCo, McDonald, Pizza Domino, Unilever, et d'innombrables autres. Alors que quelques entreprises ont commencé à faire des progrès significatifs vers l'élimination de l'huile de palme de conflit de leurs produits, la plupart restent récalcitrantes - au détriment des Indonésiens et de notre écosystème mondial.

Les incendies et l'exploitation doivent être arrêtés, mais les institutions destinées à tenir les sociétés et les responsables militaires sont délibérément maintenus faibles. Ceux qui doivent contrôler le pays - les tribunaux, les fonctionnaires et les élus - sont souvent ceux-là mêmes qui encouragent, et tirent profit, conduisant le pays à la ruine.

Même le président Joko Widodo, qui a été élu pour ses pouvoirs réformistes, a été inefficace dans la maîtrise des corporations et militaires. Il n'a pas non plus tenu sa promesse de campagne pour punir les violations des droits de l'homme, y compris le génocide 1965. Il a refusé d'établir une commission de vérité, et encore moins envisager des poursuites contre les auteurs. Cela signifie que l'impunité reste la norme, et comme pour le prouver, le gouvernement indonésien a récemment annoncé que les incendies d’origine criminelle dans les forêts tropicales ont de nouveau recommencé - et brûlent aujourd'hui.

Déchargement des noix du palmier à huile à Sumatra. L'année dernière, «un demi-million de personnes ont reçu des soins pour des maladies respiratoires, alors qu'une moyenne de 110.000 asiatiques du Sud-Est meurent chaque année suite à ces incendies ». Photo: Antara Foto / Reuters
Pourtant, il y a eu quelques notes de changement. La diffusion de mes films « The Act of Killing » (L’Acte de Tuer, 2013) et « The Look of Silence » (Le Regard du Silence , 2015) en Indonésie a stimulé une discussion national sur le génocide et les conséquences de l'impunité. Selon le commentateur culturel indonésien Ayu Ratih, « les milliers de projections à travers le pays ont été, pour la jeune génération, un rite de passage, une initiation à l'âge adulte qui les fait se sentir plus mature, socialement et politiquement ».

Cette jeune génération n’acceptera plus le silence et l’inaction, et récemment, nous avons vu monter la pression publique sur le gouvernement. Ce mois-ci des responsables indonésiens convoqués, pour la première fois, à un colloque pour examiner les meurtres perpétrés. Les membres du cabinet du président Widodo, le procureur général de l'Indonésie, chef de la police, et le ministre de la Justice ont assisté à la conférence - comme l'ont fait des militants d'ONG, d'anciens chefs militaires, les survivants et les familles des personnes tuées. Alors qu'il s’agit d’un rassemblement sans précédent, cela reste une bien maigre étape pour mettre fin à la dictature capitaliste qui a commencé en 1965. Le gouvernement a refusé de présenter des excuses, et aucune mesure n'a été prise vers une véritable reddition de comptes.

Le mouvement de l'Indonésie contre l'impunité a une longue lutte à venir. Notre survie en tant qu'espèce peut dépendre de son succès.



D'après la traduction de Perrine Odier 

mercredi 18 mai 2016

"La principale cause des incendies de forêt est la cupidité", dit le chercheur Herry Purnomo

Comment la cupidité humaine détruit de vastes étendues de forêt tropicale surnommée "les poumons de la terre" poussant l'orang-outan de Sumatra un pas de plus vers l'extinction. La zone du Leuser Ecosystem, à Sumatra, est détruite par les plantations de palmiers à huile, la déforestation et les feux de forêt. En conséquence, les orangs-outans de Sumatra en voie d'extinction sont poussés encore plus vers l'extinction. Les tentatives du président indonésien pour réprimer l'industrie ont été accueillies avec scepticisme par les militants.

L'orang-outan orphelin est assis pendant que le vétérinaire écoute son rythme cardiaque - se déplaçant à peine, ébouriffé, apparemment sur le point de mourir.
Mais il a de la chance : il a été sauvé. Sa mère n'a pas été aussi chanceuse, devenant une autre victime de la cupidité détruisant lentement de vastes étendues de forêt tropicale connues comme « les poumons de la terre». Parce qu'il y a beaucoup d'argent à faire ici dans l'écosystème la zone du Leuser Ecosystem, dans le parc national de Gunung Leuser, Sumatra - mais seulement si vous coupez les arbres et détruisez un habitat.

Le plus grand coupable au cours des dernières années est l'industrie de l'huile de palme, dont les plantations empiètent sur la forêt à cause de son fruit - utilisé pour tout allant des biscuits aux shampooings - dont la demande ne cesse de croître.
Ajouté à cela les incendies de forêt qui se répandent à travers les arbres chaque année pendant la saison sèche en raison du consentement "couper et brûler illégalement". Cette combinaison de déforestation, incendies de forêt et production d'huile de palme sur la zone du Leuser Ecosystem - classée comme forêt tropicale en danger par l' UNESCO - a signifié au orang-outan de Sumatra déjà en danger critique est maintenant encore plus proche de l'extinction.

Durant les années 1990, on a évalué que la forêt était détruite si rapidement que l'habitat de 1000 orangs-outans disparaissait chaque année.
Le photographe Sutanta Aditya, qui a passé du temps à photographier les forêts tropicales, les plantations et la faune sauvage pour mettre en évidence la question, a déclaré: «Selon l'UICN, au cours des 75 dernières années , la population des orangs-outans de Sumatra a diminué de 80 pour cent." De plus, les plantations d'huile de palme qui opèrent dans la zone centrale du parc national ont résulté au fait que l'Indonésie produit plus de gaz à effet de serre que les Etats-Unis et la Chine, sur la base de facteurs tels que la dégradation des tourbières, les incendies de forêt et la déforestation. Le photographe a ajouté: « les émissions de CO2 , même si un feu de forêt en 2015 a totalisé 1.700 millions de tonnes, dépassent les émissions de CO2 des États-Unis.»

Photo : Bjorn Vaughn, lors du smog de l'automne 2015
Il y a aussi des problèmes avec la sécheresse et les fermiers locaux qui espèrent poursuivre leur activité agricole dans la région, malgré les effets de l'industrie de l'huile de palme.
Cependant, il peut y avoir un espoir à l'horizon : l'Indonésie pousse à interdire les nouvelles opérations d'huile de palme après le brouillard des feux de forêt de l'année dernière en partie imputée à l'expansion de l'industrie.

Le Président Joko Widodo a proposé une halte sur l'octroi de nouvelles terres pour les plantations d'huile de palme par le premier producteur au monde de l'huile végétale comestible - une proposition qui vise à réduire la destruction de l' environnement causée par l'industrie et l'arrêt des flambées de brouillard annuelles. Dans un communiqué, il a dit que «les concessions d'huile de palme disponibles pour le moment sont déjà suffisantes» et a exhorté les producteurs à se concentrer sur l' utilisation de meilleures semences pour augmenter leurs rendements. Mais l'association indonésienne du palmier à huile a averti que l'interdiction pourrait endommager l'un des piliers de la plus grande économie de l'Asie du Sud-Est qui supporte 24 millions d'emplois, directement ou indirectement.

« L'huile de palme est un secteur stratégique qui a contribué à 19 milliards de dollars d'exportations en 2015», a déclaré Tofan Madji, un porte-parole du groupe, qui représente quelque 650 entreprises. » «Elle contribue à la croissance économique, en particulier dans les zones reculées. »


Les militants se sont montrés prudents à propos de la proposition, avec Greenpeace Indonésie avertissant que cela ne sera pas efficace à moins que le gouvernement présente une règlementation sévère, plutôt que de simplement une «instruction présidentielle» plus faible.

Kiki Taufik, militant forêt Greenpeace Indonésie, a également averti des problèmes de mise en œuvre que les différentes parties du gouvernement auront besoin de travailler ensemble pour une interdiction en douceur d'opérer. « Ceci est probablement l'une des parties les plus difficiles. Le manque de coordination entre les responsables est commun et il conduit souvent à une mauvaise application de la réglementation», a déclaré Taufik.

Un moratoire sur les nouveaux permis d'exploitation forestière sur les forêts primaires et les tourbières - définies comme des zones non enregistrées dans l' histoire récente - a été mis en place depuis 2011, mais les militants disent que c'est quelque chose qui a parfois été ignoré lorsque les gouverneurs locaux accordent des concessions.

Photo : David Gilbert pendant le smog de l'automne 2015
Le plan de l'huile de palme fait suite à une interdiction de 2015 d'un nouveau développement sur toutes les tourbières après que des pans entiers de tourbe riche en carbone ont été drainés pour une utilisation comme plantations au cours des dernières années, créant de zones hautement inflammables. Le gouvernement a également promis de sanctionner plus de 50 entreprises accusées sur les incendies de forêt de l’année dernière. Mais il a subi un revers en décembre quand un tribunal a rejeté une action en justice de 565 millions de dollars contre une compagnie de pâtes et papiers accusés de ne pas avoir empêché les flammes. 

Certains croient que peu peut être fait pour arrêter les feux annuels quand il y a encore de l'argent à se faire grâce à l'huile de palme. «La principale cause des incendies de forêt est la cupidité, dit Herry Purnomo, chercheur au centre pour la recherche forestière internationale basé en Indonésie.» «Tant que les gens veulent un retour rapide, de l'argent rapide, la forêt continuera de brûler.»


D'après la traduction de Laurence Duthu du Dailymail.com

dimanche 24 avril 2016

Les Droits de l'Homme face à l'huile de palme industrielle.

Commission Africaine des Droits de l'Homme, les questions sur la déclaration de harcèlement judiciaire sur la personne Nasako Besingi :

Le rapporteur spécial sur les défenseurs des Droits de l'Homme de la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Droits des Peuples, Reine Alapini Gansou, exprime sa préoccupation concernant les allégations de harcèlement judiciaire et intimidation envers Nasako Besingi. M. Besingi, Directeur de la Lutte pour l'Avenir de l'Environnement ( Struggle to Economize Future Environment (SEFE),ONG basée dans le village de Mudemba, au Cameroun, qui défend les droits fonciers des communautés locales face à l'expansion des plantations de palmiers à huile.

Le 21 janvier 2016, Nasako Besingi a été accusé de rassemblement illégal et d'organisation et incitation à une manifestation. Les mêmes sources indiquent que les accusations sont fondées sur des accusations portées contre M. Besingi par Heracles farms en novembre 2014, à la suite d'une manifestation à laquelle les t-shirts ont été distribués avec la phrase " Pas de plantations sur nos terres ; Heracles dehors !". Selon les informations que nous avons reçu, ce n'est pas la première fois que M. Besingi a été pris pour cible à cause de son travail en tant que défenseur des Droits de l'Homme. Le 3 novembre 2015, il a été condamné sur de fausses accusations [condamné pour des faits qu’il n’aurait pas reconnus]. Le rapporteur spécial des Droits de l'Homme se dit profondément troublé par cette situation.

Nasako Besingi
Il demande donc au gouvernement de la République du Cameroun de remplir ses obligations et de promouvoir et protéger les Droits des défenseurs des Droits de l'Homme, conformément à la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples et d'autres droits régionaux et instruments juridiques internationaux, notamment l'organisation des Nations Unies avec la Déclaration sur les Défenseurs des Droits de l'Homme, la Déclaration de Grande Baie et la Déclaration de Kigali. Le rapporteur spécial invite donc le gouvernement camerounais de faire tous les efforts pour garantir la justice pour Nasako Besingi, de protéger sa sécurité physique et psychologique et de veiller à ce que tous les défenseurs des Droits de l'Homme au Cameroun sont en mesure de mener à bien leurs activités légitimes pour promouvoir et défendre les Droits de l'Homme sans la peur de représailles et exempt de toutes les restrictions.

Banjul, 1 avril 2016
ReineAlapini-Gansou
Rapporteur spécial sur les Défenseurs des Droits de l'Homme de la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Droits des Peuples

samedi 30 janvier 2016

GAIA et l'huile de palme

La société belge GAIA, active dans la protection animale, commercialise toujours et ce depuis des années, le Faux Gras alternative au foie gras (qui en soit est une bonne chose) contenant de l'huile de palmiste (provenant de l'amande de la noix de palme).
L'association L'Huile de Palme : NON ! a écrit fin 2014 à GAIA, via une lettre en recommandée, pour connaître leur fournisseur colombien d'huile de palmiste car à part le pays de provenance, GAIA ne donne jamais plus d'informations à chaque fois qu'elle est interrogée sur ce point.

La réponse reçue par lettre n'a rien apporté de plus, GAIA refusant toujours de dévoiler le nom de leur fournisseur qui, d'après elle, change selon l'évolution du marché. Cette lettre s'est révélée également menaçante envers l'association L'Huile de Palme : NON ! en nous invitant à cesser nos "démarches de dénigrement public".
En fait, il n'a pas fallu aller chercher très loin la réponse tant attendue du nom du fournisseur. Elle a été donnée par Tartex, société qui produit le Faux Gras pour GAIA. Tartex a révélé qu'il s'agissait de Daabon, empire colombien politico-mafieux qui n'hésite pas à recourir aux paramilitaires pour exproprier les petits paysans de leurs terres afin de convertir ces dernières en monocultures de palmiers à huile "bio" !

Suite à cette révélation, l'association a une nouvelle fois écrit par lettre à GAIA (photos jointes) apportant la preuve que c'est bien la société Daabon qui produit cette huile de palmiste nocive pour l'environnement, les populations autochtones et la santé.
A ce jour, aucune retour ne nous est parvenu de GAIA…

Si vous souhaitez leur faire part de votre mécontentement et que GAIA abandonne une bonne fois pour toute cette huile de palmiste, n'hésitez pas à vous rentre sur leur page Facebook.

Une pétition est également toujours en cours (n'oubliez pas de confirmer votre signature via le mail envoyé par Mes Opinions sur votre boite mail).




mercredi 13 janvier 2016

Une bonne année 2016 à vous avec Ferrero

Comme l'année dernière Frédéric Thil, patron de Ferrero France, vous souhaite une bonne année à sa manière certes.
Pour lui et tous ses copains de l'huile de palme, ce sera encore une bonne année de déforestation et de profit !
Rassurez-vous ça ne va pas durer encore longtemps, il n'y aura plus de forêt ! Si vous pensez encore que l'huile de palme durable existe, voici un article "Huile de palme "durable" : un outil de greenwashing pour berner le consommateur".

Bonne Chance à tous pour 2016!


jeudi 24 décembre 2015

Joyeuses Fêtes mais pas pour tout le monde ! Merci Milka !

Milka c'est la belle vache violette suisse, celle que l'on a envie de câliner tellement elle est jolie et gentille. Ca c'est le devant de la scène pour que le consommateur lambda court vite au supermarché acheter sa tablette et comme c'est Noël, son calendrier de l'avant et son Père Noël en chocolat. Derrière se cache une réalité moins rose dûe, en partie, à la présence d'huile et de graisse de palme dans les produits de la vache violette.

Milka appartient à l'un des géants de l'agro-alimentaire, le groupe américain Mondelez International (anciennement Kraft Foods), qui détient entre autres Belvita, Côte d'Or, Lu, Tuc, Oreo, Mikado, Cadbury. Mondelez International se fournit principalement en Indonésie et Malaisie mais aussi en Colombie, Mexique, Brésil et Afrique de l'Ouest. Ce groupe est très fier d'annoncer qu'il se fournit en quasi totalité depuis 2013 en huile de palme certifiée RSPO… GreenPalm ! Mais qu'est-ce que le certificat GreenPalm ? Il s'agit d'un des autres tours de passe-passe que la RSPO, les producteurs et les industriels ont trouvé pour berner le grand public ! Un produit estampillé GreenPalm ne veut pas dire qu’il contient de l’huile de palme “durable” (déjà là on fuit) mais que l’industriel a acheté des certificats vendus par un producteur d’huile de palme “durable”. Ces certificats sont mis sur une plateforme de vente (système de la Bourse) et il est impossible pour l’acheteur de connaitre la provenance de l’huile qu’il a contractée et la façon dont elle a été produite.
En 2014, Mondelez International était à 70% d'huile de palme tracée. Pour rappel, il existe 4 niveaux de traçabilité, la plus haute étant "Identity Preserved" qui n'est jamais ou alors à 0,01% atteinte par les producteurs de palmiers à huile. En regardant de plus près les certificats RSPO détenus par le géant américain, la certification RSPO obtenue est "Mass balance" qui signifie qu'une partie de l'huile de palme tracée est mélangée avec de l'huile de palme non tracée. Il s'agit du niveau juste au dessus du certificat GreenPalm.

L'objectif de Mondelez International est une traçabilité à 100% d'ici fin 2015. Sauf que cela veut dire tout et n'importe quoi comme nous venons de le voir. En attendant les forêts primaires et secondaires brûlent, la faune se meurt, les petits paysans sont chassés de leurs terres, les ouvriers exploités et Mondelez International engrange des bénéfices avec un chiffre d'affaire pour 2014 de 34 244 millions de dollars.






samedi 21 novembre 2015

L’huile de palme industrielle tue

L’huile de palme conventionnelle, durable et biologique.

Plantons tout de suite le décor. Il existe trois catégories d'huile de palme industrielle : conventionnelle, durable, biologique. Toutes sont utilisées par l'industrie agro-alimentaire et cosmétique et toutes proviennent de monocultures implantées dans divers pays tropicaux d'Asie du Sud-Est, d'Afrique et d'Amérique du Sud. La monoculture de façon conventionnelle est celle la plus utilisée de nos jours encore. Elle ne répond à aucun critère de qualité, autant environnemental que social. C'est le mode de production utilisé en Asie du Sud-Est et en Afrique.

A côté se développe la monoculture dite « durable », laquelle est régit par des recommandations formulées par la RSPO (Roundtable on Sustainable Palm Oil ou Table Ronde pour une Huile de Palme Durable). Cette institution a été créée en 2004 par le WWF (1), des multinationales (Unilever), des banques (Rabobank) et des producteurs MPOA Malaysian Palm Oil Association) dans le but d'encadrer les monocultures de palmiers à huile afin de rendre leur production "certifiée durable" : impact environnemental réduit, droits des travailleurs respectés et encadrés. Sur le papier, cette institution promettait du "tout beau tout propre" et même encore aujourd'hui, elle ne cesse de le clamer. Seulement, les désillusions et les mensonges n'ont fait que ternir l'image de la RSPO et démontrer son inutilité par son manque de fermeté et de contrôle.

Quelques chiffres permettent d'illustrer cet état de fait. Prenons la multinationale Unilever qui est un des membres fondateurs de la RSPO :

- 2010/11 Tonnes d'huile de palme utilisée : 1 300 000 Certifiée : 0
- 2011/12 Tonnes d'huile de palme utilisée : 1 300 000 Certifiée : 27 000 (2%)
- 2012/13 Tonnes d'huile de palme utilisée : 1 520 000 Certifiée : 46 330 (3% dont pourcentage important du label Greenpalm) (2)

Pour alimenter plus encore cette pitoyable constatation, Unilever a fait savoir qu'elle s'est engagée à se fournir à 100% en huile de palme certifiée d'ici 2020. En dix ans d'existence, cette société n'a recouru qu'à 3% d'huile de palme certifiée. Comment croire en ses promesses d'une totale certification en moins de 6 ans ?

Comment la RSPO peut-elle justifier la présence, parmi ses membres, des sociétés telles que Syngenta qui commercialise un herbicide le paraquat, puissant neurotoxique, interdit en Europe depuis 2007 et toujours utilisé à haute dose dans les palmeraies au mépris des travailleurs et de l’environnement ?

Pendant que les multinationales brandissent des promesses, des centaines d'hectares de forêt partent chaque jour en fumée sans le moindre remord. Que vaut la biodiversité face à des millions de dollars qui leur tendent les bras… S’intéressant à la “Perte de forêt vierge en Indonésie en 2010-2012″, l’étude de Belinda Margono estime que la déforestation s’accélère. L’Indonésie a perdu au cours de cette période plus de 6 millions d’hectares de forêt primaire, soit une surface comparable à l’Irlande (3). Cette déforestation n'est pas sans incidence sur la pollution de l'air et le réchauffement climatique. Les forêts sont coupées et ensuite brûlées pour faciliter la pousse, la culture sur brûlis donnant toujours de meilleurs résultats. En se consumant, les sols rejettent des quantités énormes de CO2, à fortiori s’il s’agit de terrains tourbeux. L’Indonésie se classe 3ème pays émetteur de CO2 au monde.

Il a bien été tenté, via le programme REDD+ (4) en 2010, de diminuer l'impact négatif sur l'environnement des émissions de CO2. Il en résulte un amer constat d’un non engagement du gouvernement indonésien. Notons aussi l’absence de transparence des 35 millions de dollars de transaction entre les deux parties censées aider à faire une réforme, avec paradoxalement dans les faits, durant les deux années qui ont suivi ce contrat, un taux de déforestation qui a doublé. A qui profite cette somme astronomique ?

L’huile de palme durable ? La déforestation en chiffres.

Pendant ce temps, la monoculture intensive de palmiers à huile continue à faire des victimes (4). Elle demande des milliers d’hectares imposant la destruction des forêts primaires et secondaires où la biodiversité est unique, riche de millions d’espèces animales et végétales. Ce sont des milieux très difficiles à recréer par la suite du fait de leur structure fragile et de la stérilité des terres provoquée par les cultures intensives de palmiers à huile et les pesticides utilisés.

Une question se pose : Comment obtenir alors ces milliers d’hectares ? Par l’accaparement des terres des petits paysans et des populations locales. Une fois les terres « accaparées », reste à couper et brûler la forêt qui dérange et à revendre le bois, très souvent de manière illégale ! Et quand la forêt disparaît, les animaux fuient, mais vers où ? La fragmentation des forêts génère autant de pénuries de nourriture que de rencontres malheureuses avec l’Homme en constante augmentation. Plus exposés, ils font face au braconnage : soit pour leur viande, soit davantage d’ailleurs pour récupérer les petits qui représentent une valeur monétaire certaine sur le marché du commerce illicite d’espèces menacées. Ces petits ne sont « récupérables » qu’une fois leur mère abattue. Les primates en paient un lourd tribu. L’orang-outan, espèce emblématique et seul grand primate d’Asie, n’abandonne jamais son petit : il faut tuer la mère pour récupérer sa progéniture bien accrochée par ses quatre membres à la fourrure rousse qui la protège. Il n’est pas rare que les braconniers sectionnent les doigts du petit pétrifié qui ne peut pas lâcher sa mère. Son calvaire ne fera que commencer avec toujours ces images en tête et pour le reste de sa vie bien misérable s’il n’est pas recueilli un jour par un centre de réhabilitation.

Pourquoi une telle horreur ? Parce que ces petits êtres sauvages sont particulièrement appréciés des petits paysans, hauts fonctionnaires et expatriés. Animal de compagnie, spécimen de collection exotique, commande d’un « zoo » ou « parc » peu scrupuleux : les raisons sont nombreuses pour expliquer leur braconnage. Il y a également un trafic avec les zoos et les centres de loisirs, surtout ceux situés en Asie. 

Les orangs-outans sont également tués lorsqu’ils pénètrent dans les palmeraies à la recherche de nourriture. On les appelle alors des « nuisibles » ! Poussés par la déforestation à chercher des sources d’alimentation, ils n’ont d’autre choix que de traverser les palmeraies, soit pour manger des noix de palme, soit encore pour tenter d’atteindre un autre fragment de forêt. Les orangs-outans ne sont pas les seuls animaux persécutés et en danger d’extinction. On trouve tigres et rhinocéros de Sumatra, éléphants, gibbons, nasiques, loris, ours malais et tant d’autres encore ! Les éléphants sont empoisonnés pour ne pas qu’ils détruisent les cultures, les gibbons trouvent le même sort que celui subit par les orangs-outans.

Durable ? Mais toujours à la conquête de nouvelles forêts tropicales. 

La culture massive de cette poule aux oeufs d'or qu'est l'huile de palme industrielle ne s'arrête bien entendu pas aux portes de l’Asie du Sud-Est. Ces monocultures ont été massivement reproduites sur tous les continents où subsiste un climat tropical. L'Afrique est le second continent le plus touché par cette fièvre rouge qui gangrène déjà plusieurs pays : Côte d'Ivoire, Libéria, Sierra Leone, Cameroun, Ghana, Ouganda, Congo. Les mêmes ravages sont constatés qu'en Asie du Sud-Est : déforestation, massacres de la faune sauvage (les chimpanzés par exemple subissent le même sort que leurs cousins orangs-outans), perte de la biodiversité, expropriation, ou encore travail sous payé dans des conditions de misère sociale intolérable. 

Au Cameroun, le militant écologiste Nasako Besingi comparaîtra cette année devant la justice de son pays. Son tort : s’opposer pacifiquement au projet de la société Herakles Farms qui souhaite convertir 20 000 hectares de forêts tropicales en cultures de palmiers à huile. Herakles Farms, filiale d’un fond spéculatif basé à New York, a décidé il y a quelques années d’investir dans l’huile de palme dans le sud-ouest du pays en justifiant l’éternel faux argument : enrichir le pays en voie de développement. Et pourtant les multinationales privent la population de terres cultivables. 

Une institution mondiale est censée protéger les orangs-outans et les autres Grands Singes. Elle se nomme GRASP (Partenariat pour la Survie des Grands Singes), a été fondée en 2002 et constitue une branche de l'Organisation Mondiale des Nations Unies. 

Jusqu'à présent, ce Partenariat s’en tenait à établir des stratégies de survie de ces grands primates tous en danger critique d'extinction via réunions sur réunions. Néanmoins, il vient de décider de passer à l'action le 19 novembre 2014 en annonçant officiellement lors d'un sommet à Kuala Lumpur sa collaboration avec la RSPO et en s'associant aux plus grandes multinationales pour faire la promotion des produits estampillés huile de palme soi-disant "durable" (6) et dont beaucoup ont un lien avec la firme Monsanto tristement célèbre inventrice de l'agent orange, Roundup et semences génétiquement modifiées. Ont-ils signé, là, l'arrêt de mort à l'état sauvage des grands singes ? La réponse n'est pas très optimiste malheureusement.

Le gouvernement français : complice et greenwashing. 

La France apparaît, aux yeux des producteurs malaisiens, comme une rebelle du "sans huile de palme". En effet, depuis quelques années apparaissent sur les étales des supermarchés de plus en plus de produits affichant fièrement la mention "sans huile de palme". Cette initiative n'est pas au goût de la Malaysian Palm Oil Association, qui recrute dans les rangs de nos politiques des alliés afin de grossir le lobbying déjà important sur notre sol. Résultat : Monsieur Jean-Marc Ayrault, alors ancien Premier Ministre rassure officiellement : "La France n'est pas contre l'huile de palme". 

Le discours officiel n’intègre malheureusement pas la vague de protestation véhiculée par nombre de consommateurs français et des sénateurs actuellement en croisade pour faire voter la Taxe Nutella. Bien entendu, l’ancien Premier Ministre français n’est pas de ceux là, il y a plus urgent à faire pour sécuriser les intérêts économiques de sociétés privées où les mots profit, actionnaires et dividendes prévalent sur le social, la santé et l'environnement. 

Contre cette saine et très française croisade anti-huile de palme, une autre de leurs alliés est Madame Catherine Procaccia (7) sénatrice UMP et "Présidente du groupe d'amitié interparlementaire France - Indonésie" qui en avril 2014 déclarait «Je pense qu’il faut sanctionner les distributeurs et les industriels qui surfent sur la vague du ‘sans huile de palme’ et qui en font un message publicitaire.» 

Si le gouvernement a pleinement conscience de la situation, il n’en demeure pas moins qu’il persiste ses manifestations de soutien aux industriels par la signature d’accords politiques et économiques, et ce, ouvertement et sous le nez des peuples malaisiens et français. 

Pour contrer la prise de conscience française du "sans huile de palme", la RSPO a créé une formidable parade : "l'Alliance Française pour une Huile de Palme Durable" (8) afin de réhabiliter cet oléagineux via une campagne de communication plutôt médiocre. Cette Alliance, comme la RSPO, est représentée par les plus grosses multinationales de l'agroalimentaire qui nous bombardent déjà depuis des décennies dans chacun de nos aliments et produits domestiques des tristement célèbres perturbateurs endocriniens (9). Pourquoi ? Pour augmenter leurs chiffres d'affaires qui était de 46,5 milliards d'euros en 2011 puis de 49,5 milliards en 2013 rien que pour l'un d'entre eux : Unilever (10). 

Comment ces pratiques et leurs auteurs pensent-ils nous faire croire à nous, simples citoyens et consommateurs, qu'ils se soucient de notre santé, de l'environnement qui est un bien mondial, du devenir des peuples autochtones dépendant directement des ressources naturelles ? 

Déjà en 2008, plus de 164 organismes (associations, collectifs, comités..) ont pris conscience de la vaste arnaque de la certification RSPO. Ils sont tous devenus signataires de la "Déclaration internationale contre la « Table Ronde pour une Huile de Palme Durable » (RSPO). En défense des Droits des l'Homme, de la souveraineté alimentaire, de la biodiversité et de la Justice Climatique (11).

L’huile de palme durable bientôt chez les occidentaux. 

D'autres organisations à la dénomination « trompeuse » participent à cette « dictature économique » très bien orchestrée par les lobbies : Le Fonds Français pour l’Alimentation et la Santé (FFAS) en fait partie. Il s’agit d’une structure privée composée d’industriels et de scientifiques qui a pour mission l’étude et la mise en valeur d’une alimentation source de plaisir et de santé. Ainsi, Le FFAS est juge et partie dans cet abus de position économique, et affirme sans surprise toutes les vertus de l’huile de palme. Tous les industriels appartenant à ce Fonds utilisent de l’huile de palme et ses dérivés dans la fabrication de leurs produits. Et lorsqu’un scientifique, le Docteur Jean-Michel Lecerf, travaillant à l’Institut Pasteur de Lille, co-écrit une note en faveur de l’huile de palme pour le FFAS, il y a de quoi douter. Surtout que dans la quasi totalité des articles apparaissant sur internet et traitant du sujet de l’huile de palme, la parole est donnée à ce fameux médecin. Tout cela semble bien étrange. 

Il est souvent aussi mis en avant que les populations indigènes des pays producteurs de palmiers à huile consomment cette huile quotidiennement et ne sont pas exposées à des problèmes de santé dus à cette consommation. On omet en revanche de préciser que ces populations n’ont absolument pas le même quotidien que celui des occidentaux. Pour bon nombre d’entre nous, la journée se résume au lever puis l’utilisation de la voiture pour se rendre sur notre lieu de travail, où un bureau nous attend (ou un poste de travail ne demandant pas des efforts physiques intenses) pour ensuite regagner notre domicile où les tâches ménagères sont simplifiées par le tout à portée de mains. Le sport est présent mais à faible dose. Les repas sont au nombre de trois minimum, riches, variés pour certains. A cela s’ajoute un éventuel grignotage entre les repas. Comparativement, la vie d’un Indonésien ou d’un Africain se résume à deux repas par jour voir un souvent composés de riz et de légumes. Le travail quotidien est très physique car il se passe au champ (avec nombres de kilomètres parcourus à pied pour s’y rendre) avec des outils manuels sous une forte chaleur humide… et les tâches ménagères ne sont pas de tout repos non plus ! Les graisses emmagasinées sont alors bien vite brûlées. 

Un autre paramètre est la qualité de l'huile de palme utilisée. Dans les pays producteurs, les populations l'utilisent brute, de couleur rouge et non celle incorporée dans les produits manufacturés qui est raffinée. Très riche en B-carotène et vitamine E à l'état brut, elle perd toutes ses qualités une fois raffinée, chauffée, se saturant en mauvaise graisse. D’après Jean-Michel Chardigny, chercheur au département de nutrition humaine à l’Inra (Institut national de la recherche agronomique), l’huile de palme raffinée contient des graisses saturées et notamment de grosses quantités d’acide palmitique (près de 60 %). Cette graisse est dite athérogène, c’est-à-dire qu’elle favorise les dépôts graisseux à l’intérieur des vaisseaux sanguins et accélère la dégénérescence de leur paroi interne. L’acide palmitique, avec l’acide laurique et myristique, fait partie des trois mauvaises graisses saturées reconnues comme dangereuses pour la santé humaine.

Plus durable que durable : le bio, au prix de la violence. 

Pour terminer le tour du monde de l'huile de palme durable, il y a celle qui apparaît comme anodine, saine, sous aucun soupçon : l'huile de palme certifiée durable et biologique. Provenant majoritairement de Colombie, en grattant un peu elle révèle des vérités fort peu reluisantes (12). Cependant derrière se cachent scandales, expropriations, accaparements des terres, déforestation et recours aux paramilitaires. L’essentiel de la production colombienne vient du groupe Daabon (13), qui se rapproche plus d’un empire mafieux que d’une simple entreprise lambda. Les membres de cette large famille ont également les pieds en politique ce qui facilite la main mise sur les terres. Ce groupe fournit un nombre très important de sociétés de la filière biologique : agro-alimentaire, cosmétique, en fin de compte les mêmes secteurs du commerce "conventionnel". Ces sociétés et boutiques vendant ces produits se vantent d'être éthiques par le mode de culture, les filières d'approvisionnement et de distribution. Cependant, utiliser cette huile de palme/palmiste (et dérivés) ne produit que l'effet inverse et fait apparaître les limites de l'éthique : le profit. Ces sociétés utilisent le même argumentaire déjà éprouvé par leurs homologues conventionnels en y ajoutant la sauce biologique qui effacerait par miracle tous les scandales s'y attenant. Le consomma'cteur n'est pas dupe de ces pratiques. Il se tourne vers des entreprises de la filière biologique qui ont fait le pari d'exclure l'huile de palme et qui y arrivent très bien ! 

A l’heure du « Greenwashing » tapageur des grandes multinationales, à grands coups de matraquage publicitaire à toutes les sauces aux concitoyens occidentaux, une sorte de nouvel accord vient de voir le jour et défend les nouvelles bonnes intentions des lobbies, un Accord de Partenariat Volontaire (APV) pour lutter contre le bois illégal datant du 30 septembre 2014 entre l’Indonésie et la France. 

Mais ce n’est pas tout : que penser de l’écolabel indonésien LEI (The Indonesian Ecolabelling Institute – crée en 2009) et partenaire du FSC (Forest Stewardship Council), garantissant soi-disant la culture durable, la traçabilité des bois coupés et exportés ? Doiton en conclure que celui-ci n’est pas efficace ? Que penser aussi de l’écolabel le TFT (crée en 1999) opérant également en ce moment même en Indonésie. Sont-ils tous efficaces ? Combien de labels et accords « écrans de fumée », vont être encore inventés ? Qui les finance ? Où va l’argent ?

Que choisir entre l’huile de palme conventionnelle, durable et biologique ? 

La vague VERTE a encore de belles années devant elle avec des chiffres d'affaires record, tout cela au prix d'une biodiversité perdue, d'animaux rayés de la planète, de populations chassées de leurs terres agrandissant encore et toujours les bidonvilles surpeuplés. Une remise en cause de nos actes de consommation est plus que jamais nécessaire. Et ce d’autant plus que manifestement, les gouvernements ont signé l’arrêt de mort de la biodiversité sur l’autel du profit. Le changement doit alors se faire sans eux, par le peuple, et pour le peuple. Nous ne serons jamais mieux servis que par nous-mêmes. 

Pour que ce massacre s’arrête, à notre échelle de citoyens consomma’cteurs, nous pouvons changer notre mode de consommation et nous tourner vers une alimentation plus saine composée de légumes et de fruits de saison près de chez nous : producteurs locaux, AMAP… 

En plus de faire marcher l’économie locale, nous savons d’où viennent les denrées et comment elles ont été cultivées. Rien de mieux pour se nourrir sainement ! En réciprocité, des voix s’élèvent arguant d’un quotidien surchargé empêchant de consacrer du temps à l’identification des produits sains et responsables (lire les étiquettes, préparer les repas). Pour répondre à cet argument une chose toute simple : penser à ce qu’il se passe du fait que le consommateur ne prend pas le temps de s’informer sur ses achats alimentaires, et pas seulement : désolation, massacres, déforestation. Nos gestes du quotidien, même d’apparence minimes, ont une répercussion décuplée à l’autre bout de la Terre surtout si nous sommes des millions à les faire. 

Laurence Duthu 
Présidente et Fondatrice de l’association L’Huile de Palme : NON !
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